Onboarding : 6 erreurs qui peuvent vous coûter cher
Une étude de Scalliance et Opinionway met en regard les principales attentes des salariés en matière d’onboarding et la réalité des parcours d’intégration mis en place par les entreprises.
Les premières semaines dans une nouvelle entreprise sont généralement déterminantes pour construire une bonne collaboration professionnelle sur la durée. Les entreprises le savent et investissent de plus en plus dans des parcours d’onboarding structurés. Car la moindre erreur se paie cher : une étude menée par Opinionway pour Scalliance*, sortie le 30 mars, révèle qu’un tiers des salariés a déjà quitté une entreprise à cause de difficultés d’intégration. Pour 55 % d’entre eux, cette décision a même été prise au cours du premier mois dans l’entreprise. On revient sur les principaux faux pas commis lors de la phase d’intégration et sur les meilleurs moyens de les éviter.
1. Un manque d’information
A leur arrivée dans l’entreprise, 31 % des salariés interrogés déplorent un manque de renseignements sur l’entreprise, les outils de travail ou les procédures internes. Seuls 48 % de l’échantillon déclarent d’ailleurs avoir bénéficié d’un parcours d’onboarding structuré et formalisé dans le cadre de leur poste actuel.
La bonne pratique RH : l’onboarding doit commencer bien en amont du premier jour : lors du préboarding, l’entreprise doit partager toutes les informations nécessaires à une prise de poste fluide et sereine (horaires, adresse des bureaux, moyens d’accès, nom et cordonnées du manager, planning de la première journée…).
2. Une surcharge informationnelle
A l’inverse, il ne faut pas vouloir partager toutes les informations, de manière exhaustive, avec les nouveaux arrivants. Des réunions qui s’enchaînent, des documents sans fin à lire, la tournée des services avec son lot de noms et d’intitulés de poste à retenir… 35 % des salariés citent la surcharge informationnelle comme difficulté reine rencontrée lors de leur période d’intégration.
La bonne pratique RH : diversifiez les canaux de partage des informations : sessions de présentation collective, points individuels avec les RH ou le manager, dossiers thématiques accessibles sur l’intranet, chatbot dédié aux questions des nouveaux… L’important est que le collaborateur sache où il peut rapidement trouver l’information dont il a besoin à l’instant T.
3. Une mauvaise intégration dans l’équipe
56 % des personnes interrogées disent avoir eu du mal à s’intégrer dans leur équipe, soit parce que leurs collègues n’étaient pas assez disponibles, soit parce qu’ils leur paraissaient indifférents. Savoir créer ce sentiment d’appartenance à une équipe dès les premiers jours est pourtant la clé d’une collaboration efficace.
La bonne pratique RH : prévoyez dans les agendas de l’équipe un temps d’accueil pour la nouvelle recrue lors de son premier jour, qu’il s’agisse d’un café ou d’un déjeuner. Ce premier contact permettra de briser la glace et encouragera les interactions au sein de l’équipe. L’accueil chaleureux est d’ailleurs cité par les salariés comme la meilleure pratique pour une intégration réussie. Au-delà de ces moments assez informels, il est bienvenu d’organiser également une réunion d’équipe au cours de la première semaine pour informer le nouvel arrivant des projets en cours et qu’il se sente immédiatement partie prenante des sujets qu’il sera amené à traiter.
4. Un accompagnant managérial défaillant
44 % des salariés soulignent un manque d’implication de leur manager dans le cadre de leur onboarding. Pire, 18 % signalent qu’il était indisponible le jour de leur arrivée, voire absent. Dans les faits, l’étude souligne que les collègues s’occupent davantage de l’onboarding (45 %) que les managers (42 %), alors que ces derniers sont les plus attendus dans ce rôle. Or, le manque d’accompagnement managérial est la première cause de départ précipité citée par les salariés ayant quitté leur entreprise à cause d’un mauvais onboarding.
La bonne pratique RH : responsabilisez les managers en les formant sur le rôle essentiel qu’ils doivent jouer lors de l’onboarding. Briefez-les sur les rituels d’entreprise qui doivent être respectés à cette étape et fournissez-leur une checklist des indispensables à organiser en amont et pendant cette phase d’accueil.
5. Des bugs opérationnels et logistiques
Un manque de préparation débouche souvent sur des failles organisationnelles : 20 à 22 % du panel ont été confrontés à des problèmes d’accès aux locaux ou à leur matériel (PC non prêts, comptes non créés, pas de bureau…). Par ailleurs, 24 % expliquent que personne n’avait été désigné pour les accueillir le jour J. Enfin, 11 % déplorent qu’aucune tâche, aucun planning d’intégration n’était prévu.
La bonne pratique RH : dans les jours qui précédent l’arrivée, les RH doivent aller vérifier avec le manager que le bureau et le matériel dont le salarié a besoin pour travailler seront prêts dans les temps et que toute son équipe a bien été informée de son jour d’arrivée.
6. Une réalité non conforme à la promesse
Cette erreur est sans doute la plus grande source de déception pour un nouveau collaborateur. 26 % des personnes qui ont quitté l’entreprise prématurément à cause d’un mauvais onboarding invoquent un écart entre la réalité quotidienne du poste et ce qui leur avait été présenté dans le cadre du processus de recrutement. Le décalage peut aussi être d’ordre culturel : 21 % des répondants notent une dissonance entre les valeurs affichées et l’expérience qu’ils ont vécue lors des premiers jours.
La bonne pratique RH : la cohérence entre le discours et les actes se joue dès la phase de recrutement. Le recruteur comme le manager doivent veiller à donner l’image la plus fidèle possible de la réalité du métier, de l’ambiance de travail et des liens entre collègues afin d’éviter les désillusions. Une fois la personne recrutée, les RH peuvent aussi lui proposer de réaliser un rapport d’étonnement, dans les premières semaines, pour identifier les points qui plaisent plus ou moins au salarié et mettre le doigt sur d’éventuelles incompréhensions ou frictions pour rectifier rapidement le tir.
L’enjeu d’une intégration réussie est de taille : au-delà de travailler sur la fidélisation de vos collaborateurs, cette étape a également une influence positive sur votre marque employeur. 91 % des salariés interrogés estiment ainsi qu’un onboarding réussi les rend plus enclins à recommander l’entreprise à leur entourage.
*Observatoire de l’onboarding 2026 réalisé par Opinionway pour Scalliance, auprès d’un échantillon national représentatif de 1 001 salariés du secteur privé, travaillant dans des
entreprises de 10 salariés ou plus, et ayant intégré un nouveau poste au cours des 2 dernières années. Les répondants, âgés de 20 ans et plus, ont été sélectionnés selon la méthode des quotas, en fonction des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de région et de taille d’entreprise. Tous ces salariés ont rejoint leur poste actuel en CDI, dans le cadre
d’un recrutement externe. Les interviews ont été réalisées du 1er avril au 17 avril 2025.