L’absentéisme en entreprise à son plus bas niveau depuis 5 ans

En 2009, la montée de l’absentéisme chez les salariés s’expliquait assez simplement. Selon Olivier Gignoux, directeur du pôle social d’Alma Consulting Group, « l’entrée dans la crise a été extrêmement violente, avec arrêt brutal de lignes de production et réduction drastique des stocks. Cela s’est traduit par une montée du stress et une forme de démobilisation : alors que la production tournait au ralenti, les salariés n’ont pas hésité à s’absenter. »
Une baisse en trompe-l’oeil
Mais pour le recul de 2011, alors que traditionnellement les périodes marquées par de nombreux plans sociaux génèrent souvent plus d’absences chez les salariés, l’inversion de la tendance serait en fait un « trompe-l’oeil ». « La baisse de l’absentéisme rassure les employeurs » explique Jean-Claude Delgènes, directeur général du cabinet de conseil Technologia au Magazine Liaisons Sociales. « Mais je ne suis pas convaincu qu’elle se traduise par une véritable augmentation de la productivité. »
Le présentéisme, une « démission intérieure » ?
Les salariés auraient donc intégré que les crises allaient se succéder les unes aux autres et que la précarité ferait partie de leur carrière. Mais ce n’est pas forcément positif. Car s’ils hésitent à s’absenter, le présentéisme peut aussi masquer une forme d’absence que le journal La Tribune résume ainsi : « Le salarié est présent physiquement mais psychiquement absent ».
D’autres enquêtes notent d’ailleurs une forme de désengagement des salariés par rapport à leur travail, en raison du contexte économique incertain, mais cela ne se traduit plus seulement par des absences répétées, les salariés redoutant d’être mis à l’index. Ce présentéisme est pourtant risqué pour la santé des salariés. « Mieux vaut donc qu’un salarié s’absente deux jours pour se reposer que six mois pour dépression » ajoute La Tribune qui rappelle l’inquiétude des médecins du travail par rapport à ce phénomène. L’absentéisme ne serait donc plus un indicateur fiable sur la motivation des salariés et son niveau record, le plus bas depuis 2007, est révélateur d’une dégradation du lien social entre les employeurs et leurs troupes.
- Voir l’étude complète sur le site du cabinet Alma Consulting Group