Alternance : ce que cherchent les candidats (et ce que ça change)
Les recherches d’alternance progressent de 31 % au premier trimestre. Pourtant, les métiers les plus attractifs aux yeux des candidats ne sont pas toujours ceux que les entreprises proposent le plus.
Le tour de vis sur le financement de l’alternance n’est pas sans conséquence sur les recrutements des entreprises. Selon le Baromètre de l’alternance*, publié par Hellowork et La Bonne Alternance, le volume d’offres diffusées en alternance a reculé de 12 % en 2025. La baisse est plus marquée que l’ensemble du marché de l’emploi (-10 % tous contrats confondus), signe que l’alternance a moins bien résisté que le reste du marché.
Ce recul s’explique en partie par l’annonce de la réforme du financement de l’alternance. À partir de mai 2025, les offres ont commencé à baisser nettement, avec des chutes atteignant -29 % en juillet et -31 % en novembre. Le début d’année laisse entrevoir une stabilisation : au premier trimestre 2026, les volumes ont progressé de 1 % par rapport au quatrième trimestre 2025.
Côté candidats, la tendance est inverse. Les requêtes liées à l’alternance sur Hellowork progressent de 31 % au premier trimestre 2026 par rapport à la même période l’an dernier. L’intérêt ne faiblit pas, même si la part de l’alternance dans les recherches totales recule légèrement : 1 % des requêtes en mars 2026, contre 1,6 % en mars 2025.
« Après plusieurs années de forte croissance, le marché de l’alternance ralentit dans un contexte d’incertitudes réglementaires et économiques. Pour autant, l’intérêt des candidats reste fort et les volumes d’offres se maintiennent en ce début d’année », analyse Loïc Le Terrien, directeur exécutif emploi de Hellowork.
Ce que les candidats recherchent
Les candidats à l’alternance savent ce qu’ils veulent, même si cela ne correspond pas toujours à ce que les entreprises proposent.
Un candidat sur quatre ne précise ni métier ni secteur
28 % des requêtes liées à l’alternance restent généralistes. Les candidats tapent « alternance » sans préciser de métier ni de secteur. Pour les recruteurs, c’est un argument pour soigner le titre et l’accroche de leurs offres : un candidat peu qualifié dans sa recherche s’arrête sur ce qui est lisible au premier coup d’œil.
Les RH et le digital, les secteurs favoris des candidats
Quand ils affinent leurs recherches, les préférences des candidats à l’alternance sont nettes. Les métiers des ressources humaines arrivent en tête, avec 10 % des requêtes sur l’alternance. Viennent ensuite la communication, l’informatique et le marketing.
Pourtant, ces choix ne reflètent pas complètement la réalité du marché. Le commerce et la vente dominent les offres publiées par les entreprises (plus d’une sur dix) mais brillent par leur absence dans les recherches des candidats. À l’inverse, la communication est très prisée des candidats à l’alternance, alors qu’elle pèse peu dans les offres diffusées. Les RH, l’informatique et le marketing, eux, sont bien représentés des deux côtés : la concurrence y est réelle, côté candidats comme côté recruteurs.
Les métiers manuels, à contre-courant
L’écart est encore plus net sur les métiers manuels et de service. Plaquiste, charpentier, aide-ménager, auxiliaire de vie et facteur figurent parmi les postes qui peinent le plus à attirer des candidatures en alternance. Pour ces métiers, attendre que les candidatures tombent après la publication d’une offre ne suffit pas toujours. C’est là qu’il est aussi intéressant d’envisager d’autres approches de sourcing, comme le recrutement sur les réseaux sociaux et la cooptation.
Le poste avant l’entreprise
Autre enseignement du baromètre, seulement 0,4 % des requêtes incluent le nom d’une entreprise. Les candidats à l’alternance cherchent un métier ou un secteur, rarement un employeur précis. Votre notoriété ne suffit pas à capter leur attention : c’est le poste qui attire, avant l’entreprise.
Ce que ça change pour vos recrutements
Pour les recruteurs, ces comportements de recherche ont des implications concrètes :
Soigner le titre et l’accroche de vos offres : 28 % des candidats cherchent sans précision de métier et s’arrêtent sur ce qui est immédiatement lisible ;
Anticiper la concurrence sur les profils RH : ils sont autant recherchés par les candidats que publiés par les entreprises ;
Redoubler d’efforts sur le commerce et la vente : c’est le secteur qui publie le plus d’offres, mais qui attire le moins les recherches candidats.
Prévoir un sourcing proactif pour les métiers manuels et de service : la candidature entrante ne suffit pas.
Les données de la plateforme La bonne alternance éclairent un autre comportement candidat : la démarche spontanée est massive. En 2025, 608 000 candidatures spontanées ont été enregistrées sur la plateforme, représentant 53 % du total. Ce volume suggère que beaucoup d’alternants n’attendent pas qu’une offre soit publiée pour postuler.
Ce phénomène est encore plus prononcé en début d’année. Au premier trimestre 2026, 74 % des candidatures enregistrées sur La bonne alternance étaient spontanées. Les candidats anticipent leurs recherches bien avant que les offres atteignent leur pic. Pour les recruteurs, cela signifie qu’une entreprise peu visible en janvier et février rate une part significative des candidatures, même si elle publie abondamment au printemps. Mieux vaut donc avancer au premier trimestre la publication de vos offres en alternance.
« Les candidats anticipent davantage leurs recherches, comme le montre la forte part de candidatures spontanées. Dans le même temps, les entreprises continuent d’investir dans l’alternance pour répondre à leurs besoins de recrutement futurs. Elle reste une voie d’accès essentielle à l’emploi pour les jeunes et un levier pour les entreprises, notamment pour les métiers en tension », souligne Loïc Le Terrien.
Les secteurs qui captent le plus de candidatures spontanées sont la pharmacie et les commerces de santé, la petite enfance, l’action sociale, la comptabilité et les hôpitaux. L’agriculture, l’élevage laitier et les transports routiers de voyageurs en reçoivent très peu. Pour ces derniers, la candidature spontanée n’est pas un levier suffisant : d’autres approches de sourcing sont donc à envisager.
*analyse basée sur les offres d’emploi en alternance diffusées sur Hellowork du 1 janvier 2022 au 31 mars 2026.
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